Le projet de recherche « Evaluation de la durabilité naturelle des essences forestières, de la durée de service et préconisations constructives » est né d’une volonté conjointe des pouvoirs publics et des professionnels du bois d’optimiser l’usage aujourd’hui quasi-systématique des traitements de préservation des bois utilisés en extérieur et de valoriser davantage la durabilité naturelle des essences forestières françaises, notamment pour la construction de bâtiments à qualité environnementale recherchée.

Ce projet, dans sa globalité, vise ainsi à améliorer la durée de vie d’ouvrages en bois utilisés en extérieur (platelages, bardages, etc.) - donc soumis aux intempéries (soleil, pluie, vent, etc.) - mais non traités par des produits ou des procédés de préservation. L’atteinte de cet objectif est conditionnée d’une part par la prise en compte de la durabilité naturelle des essences au moment du choix des bois qui seront utilisés pour la réalisation des ouvrages, et d’autre part par l’amélioration de la conception et de la mise en œuvre courantes de ces derniers.

L’étude, subventionnée par la DGFAR, se subdivise en deux phases. La phase 1, achevée en 2005, avait pour objet la réalisation d’un état des lieux des connaissances sur le bois, sa durabilité et les difficultés potentielles liées à son utilisation (agents de dégradations biologiques, préservation, sinistralité, etc.). La phase 2, démarrée en décembre 2006, est la partie expérimentale à proprement parler. Cette seconde phase a pour finalité l’élaboration d’un protocole expérimental qui permettra d’évaluer les performances d’un choix d’essences en fonction de leur exposition et de leur mise en œuvre.

Les objectifs techniques de cette deuxième phase sont l’évaluation des durabilités naturelles de six essences forestières (deux essences feuillues - le chêne et le peuplier, et quatre essences résineuses - l’épicéa, le douglas, le mélèze et le pin maritime) en conditions d'exposition réelles (bardages, platelages, éléments d’ossature et de charpente extérieure), sur quatre sites d’expérimentation soumis à des contraintes climatiques différentes (Bordeaux, Charrey sur Saône, Montpellier et Kourou) et la comparaison de la durée de service d’ouvrages en bois réalisés avec ces essences suivant différents niveaux de conception, favorisant ou au contraire limitant les écoulements d’eau et les contacts directs bois/bois - et de manière générale les zones où l’eau peut facilement s’accumuler et stagner (zones de contact bois/bois, points de fixation …).